Le
Protectorat Français (1863–1953)
La colonisation de l'Indochine par la France a permis la consolidation
et l'unification du territoire cambodgien. Mais dans la réalité,
peu de changements se sont produits par rapport au système qui existait
auparavant. La vie dans les zones rurales où la majorité de la population
résidait est restée la même. En termes de développement, l'administration
coloniale n'a guère investi et a essentiellement exploité à son
profit les ressources du Cambodge, exportant le riz et le caoutchouc.
Les Français considérant le Cambodge comme une colonie de moindre
importance stratégique ont apporté peu d'améliorations aux infrastructures,
au système éducatif et au développement.
Le
Royaume du Cambodge (1953–70)
Le Cambodge devient une nation indépendante en 1953. Le roi Sihanouk,
aprés avoir abdiqué en faveur de son père, prend la direction politique
du pays et gouverne jusqu'à ce qu'il soit renversé par un coup d'Etat
en 1970. Durant cette période, le Cambodge fait non seulement son
entrée comme état indépendant sur la scène internationale mais adopte
progressivement les lois du marché.
La
République Khmère (1970–75)
Le roi Sihanouk, resté neutre par rapport à la guerre du Vietnam,
est renversé par l'aile droite politique en 1970. Celle-ci offre
son soutien aux Etats-Unis et ouvre les frontières du pays aux troupes
américaines, provoquant ainsi la guerre civile entre le gouvernement
et les Khmers Rouges (la " résistance " communiste cambodgienne)
qui opéraient dans la clandestinité. Ces années de fratricide se
démarquent par l'ampleur de la tragédie et du carnage ainsi que
la destruction quasi-totale des structures économiques et sociales
de la République Khmère. Durant cette période, deux millions de
Cambodgiens des zones rurales cherchent refuge dans les villes.
La production de riz, qui était alors la deuxième source de revenus
du pays, a brutalement chuté entre 1970 et 1974. Phnom Penh devient
une ville de réfugiés et ne survit que grâce à la nourriture envoyée
par les ponts aériens.
Les
Khmers Rouges et le Kampuchéa Démocratique (1975–79)
En avril 1975, Phnom Penh tombe aux mains des Khmers Rouges. Le
pays change de nom pour le Kampuchéa Démocratique. Les Khmers Rouges
ouvrent alors la voie à ce qu'ils appellent la révolution agraire.
La monnaie, les marchés, l'éducation, les pratiques bouddhistes
et la propriété privée sont abolis. Les cités sont vidées et les
habitants sont contraints de vivre et de travailler dans les champs.
Toutes les libertés fondamentales sont interdites. La séparation
de familles entières, les cantines collectives et les mariages forcés
ne constituent que quelques-unes des mesures imposées par les Khmers
Rouges au nom du collectivisme. La malnutrition, les maladies chroniques,
la famine et les exécutions sommaires sont omniprésentes. Selon
les estimations, quelque deux millions de personnes ont été tuées
sous le règne des Khmers Rouges.
La
République Populaire du Kampuchéa – RPK
(1979–89)
En janvier 1979 lorsque les forces vietnamiennes et les forces cambodgiennes
du RPK s'emparent de Phnom Penh, ils trouvent un pays complètement
en ruines. Les usines manquaient de moyens pour reprendre les productions
de base. Sur les 450 médecins qui vivaient au Cambodge avant 1975,
il n'en restait plus que 45. Sur les 22 000 enseignants, moins de
7 000 avaient survécu. Les personnes haut placées avant l'arrivée
des Khmers Rouges avaient toutes, à certaines exceptions près, été
exterminées. Avec peu de ressources disponibles, la mort et la famine
faisaient des ravages sur la population. Le gouvernement de la République
Populaire du Kampuchéa, à la botte du Vietnam a continué de pourchasser
les membres des Khmers Rouges jusqu'en 1989.
L'Etat
du Cambodge (1989–91)
La période entre 1987 et 1991 est celle de la libéralisation et
de l'économie de marché. Le gouvernement abandonne ses liens avec
le socialisme. En 1988, le bouddhisme redevient la religion nationale.
En 1989, le système agricole collectif est abandonné et des terres
privatisées sont distribuées. L'entreprise privée est encouragée
et des taxes peuvent être collectées. En mai 1989, le gouvernement
annonce des changements apparents pour retrouver la cohésion. Le
pays est renommé l'Etat du Cambodge, nom toujours en vigueur après
le retrait des Vietnamiens à la fin de l'année 1989.
L'Autorité
Provisoire des Nations-Unies au Cambodge – UNTAC (1992–93)
Un règlement politique est finalement conclu pour mettre un terme
au conflit. Les " Accords pour un Règlement Politique Global du
Conflit Cambodgien ", autrement connus sous le nom des " Accords
de Paix de Paris " sont signés en 1992. Le Conseil de Sécurité des
Nations Unies forme l'Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge
afin de surveiller le processus de paix et le déroulement des élections
en 1993. De plus, la " Déclaration sur le Relèvement et la Reconstruction
du Cambodge ", partie intégrante des accords de Paris donne des
directives concernant l'usage de l'aide extérieure au Cambodge.
Le
Royaume du Cambodge (1993–
)
Le Cambodge est désormais une monarchie constitutionnelle avec à
sa tête le roi Sihamony. Le roi Sihanouk a abdiqué à la fin de l'année
2004 en raison de son état de santé fragile. Mais c'est le Premier
Ministre Hun Sen, après des élections contestées en 2003 qui dirige
le gouvernement actuellement. Le Cambodge doit compter sur le rôle
de l'aide extérieure jusqu'à ce que le pays réussisse à développer
ses propres ressources et gagne en autorité et en indépendance.
Cette lourde dépendance vis-à-vis de l'aide étrangère représente
en elle-même un sujet d'inquiétude. L'aide extérieure contribue
dans une large mesure au budget national. Cependant, avec l'appui
des donateurs, des ONG et des organisations internationales, le
gouvernement cambodgien peut renforcer ses moyens et combattre la
corruption qui demeure encore aujourd'hui un problème épineux.